mercredi 23 mars 2011

Retour sur l'incident Chara

Le 8 mars dernier Zdeno Chara redirigeait intentionnellement la tête de Max Pacioretty vers la baie vitrée du banc des Bruins, lui causant une commotion cérébrale et une fracture d’une vertèbre du cou. Nous connaissons tous la suite de l’histoire, aucune suspension pour le grand défenseur slovaque, des appels à la police réclamant l’arrestation de Chara pour assaut et début de procédures judiciaires. Le joueur des Bruins déclarait par la suite qu’il ne savait pas où il était sur la glace et, évidemment, qu’il ne connaissait pas l’identité du joueur qu’il venait de mettre KO.

Toute cette histoire révèle une absurdité extrême puisque c’est incontestable que le numéro 67 du Canadien a été victime d’une revanche qui était longuement anticipée et ça découle directement du match du 8 janvier. Le Canadien revient de l’arrière pour égaliser et Pacioretty marque en prolongation pour gagner la partie pour Montréal, Chara est près du filet et reçoit une petite poussée de la part de ce dernier. Chara voit rouge et s’en prend à Pacioretty par la suite.

Au match suivant, le 9 février, un véritable cirque se déroule sur la glace avec 8 buts en deuxième période et 152 minutes de pénalités reparties aux deux équipes. Lors d’une des échauffourées, Pacioretty et Chara sont sur la glace et le défenseur des Bruins s’en prend directement au jeune joueur du Canadien. Même qu’à un certain moment, Pacioretty est à quatre pattes sur la glace et Chara lui assène quelques coups derrière la tête.

Donc, Chara savait indubitablement qu’il allait blesser sérieusement le joueur qui l’avait « humilié » en le poussant le 8 janvier.

La ligue, comme vous le savez, décide de ne pas sévir contre Chara. Colin Campbell, dont le fils Gregory Campbell joue pour le Bruins, décide de se retirer pour conflit d’intérêts. Donc, Mike Murphy s’occupe de la téléconférence avec Zdeno Chara le lendemain du match. Habituellement, une conférence téléphone indique que la suspension ne sera pas plus de 5 matchs. Vers 16 h le verdict tombe, Chara est blanchi de toutes responsabilités. La ligue se dit satisfaite de sa décision, les Bruins peuvent maintenant respirer et Montréal au complet reçoit une gifle au visage suivi d’un doigt d’honneur de la part de la ligue.

La Ligue Nationale avantage-t-elle les Bruins de Boston?

Sans vouloir démontrer un complot de favoritisme envers le Bruins, il est important de démontrer que nous retrouvons le propriétaire de Bruins, Jeremy Jacobs, comme président du bureau des gouverneurs de la LNH. Incidemment, ces gouverneurs sont les patrons de Gary Bettman, qui lui est le patron du comité de discipline Colin Campbell. Si vous avez bien suivi au début de l’article, Colin Campbell est le père de Greg Campbell qui joue pour le Bruins. Bref, même si Colin Campbell s’est retiré des procédures disciplinaires pour éviter un conflit d’intérêts, nous en retrouvons tout de même un qui monte jusqu’en haut de la hiérarchie de la Ligue.

Le samedi suivant, lors de la diffusion de Hockey Night in Canada sur CBC, notre Don Cherry national démontre encore une fois qu’il est un fossile de l’ancienne ligue et blâme l’organisation du Canadien, ainsi que les bandes du Centre Bell pour « l’incident » Pacioretty. En grand défenseur de la robustesse au Hockey, il dénonce même Air Canada et Via Rail d’avoir osé parler contre la violence au Hockey et de menacer de se retirer comme commanditaire si la ligue n’agit pas rapidement. La raison de son emportement envers ces compagnies, leurs sièges sociaux sont situés à Montréal, alors ils n’ont aucune crédibilité ou objectivité dans cette histoire. Don Cherry, comme par hasard, est un ancien entraîneur des Bruins de 1974 à 1979 et deux ans de suite durant son règne il a perdu en finale de la Coupe Stanley contre le Canadien de Montréal. Alors, côté crédibilité et objectivité, il peut bien repasser.

Sans une suspension de 5 à 10 matchs pour Chara, le portrait du classement pour les séries dans l’est aurait pu être différent, puisqu’il n’aurait pas participé aux matchs de son équipe et n’aurait pas influencé le résultat de ces derniers.

Depuis le match du 8 mars, les Bruins ont une fiche de 1 victoire, 2 défaites et 2 défaites en prolongation. Chara a une mention d’assistance sur le but égalisateur dans la victoire contre le Blue Jackets, sans cette passe, le match aurait fini 2-1 en temps réglementaire, donc c’est deux points de moins à leur fiche. Même situation pour la défaite en prolongation contre Buffalo où Chara a obtenu deux passes. Le match s’est terminé 4 à 3 pour Buffalo, mais aurait pu finir 3-1 en l’absence de Chara. Donc un autre point de moins à la fiche des Bruins, pour un total de 85 points à ce jour. C’est deux points de moins que le Canadien a en ce moment, lui permettant donc de saisir le premier rang dans la division nord-est et le troisième dans le classement dans l’est.

Bref, la décision de la ligue de ne pas suspendre Zdeno Chara pour son coup porter contre Max Pacioretty le 8 mars dernier a non seulement divisé les partisans et les personnalités du Hockey par rapport à la violence dans le sport, mais aussi grandement influencé le Canadien de Montréal dans sa quête du meilleur classement possible pour les séries. Enfin, le Canadien se réveille aujourd’hui avec un différentiel de 3 point par rapport aux Bruins et les deux équipes se rencontreront ce jeudi. La meilleure façon de se faire justice, sans l’aide de la ligue, serait de ravir le premier rang au Bruins et de montrer qui est sorti gagnant dans cette horrible histoire.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire