dimanche 27 mars 2011

Lettre ouverte à Monsieur Geoff Molson

Cher Monsieur Molson,


Mon année de naissance concorde avec la deuxième de 4 coupes Stanley consécutives du Canadien de Montréal dans les années 70. Lors de ma jeunesse, cette même équipe a remporté trois autres coupes, dont celles de 1986 et de 1993 qui sont les plus tangibles dans mes souvenirs.


Mon père, en ce qui le concerne, est aussi né lorsque la ville vibrait au rythme des champions de la coupe Stanley. Il a pu vivre dans une séquence où le Canadien a gagné 18 coupes Stanley, dont une période entre 1956 et 1960 où l’équipe en a gagné 5 consécutives. Record qui est toujours inégalé aujourd’hui.


Aujourd’hui, j’ai 33 ans, 33 comme Saint-Patrick, dernier gardien de but qui a réussi à me faire vivre des émotions fortes au printemps à Montréal, et je suis père d’une petite fille qui aura bientôt 2 ans.


Pourquoi est-ce que je vous raconte ça? Et bien, je voulais tout simplement vous faire remarquer que lors de mon deuxième anniversaire, le Canadien de Montréal avait déjà gagné deux coupes Stanley…


Ma fille est née en 2009, l’année du centenaire de l’équipe. Je portais beaucoup d’espoir en cette petite équipe pour remporter une coupe l’année de naissance de ma fille, comme l’on fait les équipes championnes de 1977 et de 1953 pour moi et mon père auparavant. Mais mon rêve s’est évaporé très rapidement suite à une élimination hâtive en deuxième ronde contre les Flyers de Philadelphie.


L’année suivante, l’équipe s’est rendu encore plus loin en séries… ma fille étant un peu plus vieille, j’osais espérer qu’elle puisse retenir ces grands moments de sport, puisque réellement ça n’allait pas se reproduire souvent. Par contre, ma bulle a rapidement été crevée, car le Canadien a encore été sorti par ces mêmes Flyers.


Cette année, l’équipe paraît bien, mais je ne crois pas qu’elle aura autant de succès en série que l’année dernière. SI, elle réussit à faire les séries bien sûr… Les blessures ont légèrement compliqué la course, je vous l’accorde, et la période d’échange fut encore difficile cette année. Une job de «patchage» de la part de Pierre Gauthier, considérant que Markov, Gorges et Spacek sont blessés. On ne devait pas s’attendre à un grand remaniement de l’équipe, quoiqu’un gros attaquant aurait été le bienvenu.


Bref, mon point est que je voudrais que ma fille puisse vivre les mêmes moments de joie que j’ai vécus lors des conquêtes de 1986 et 1993. Alors, je vous implore de prendre les moyens nécessaires de placer une équipe jeune et compétitive sur la glace le plus rapidement possible. Laissez faire le plan quinquennal, nous avons déjà donné et ça n’a pas fonctionné.


Aussi, il faudrait tenter par tout les moyens de se débarrasser des joueurs paresseux et sans éthique de travail, peu importe ce que leur statistiques disent il ne font que nuire au voyage vers le championnat.


Nous avons besoin de plus de joueurs comme Tomas Plekanec, PK Subban, David Desharnais, Carey Price et Brian Gionta, des coéquipiers qui démontrent de l’ardeur au travail match après match. Également, nous devons amener des marqueurs naturels comme Cammalleri et Pouliot dans nos rangs et les encadrés par d’habiles passeurs pour les faire produire!


Enfin, je vous implore de réviser vos effectifs derrière le banc et au septième étage. Pas que ces hommes n’ont pas fait du bon travail, mais il faudrait avoir des dirigeants qui ont une vision plus actuelle de la Ligue Nationale. L’exemple à suivre serait le Lightning de Tampa Bay, avec Steve Yzerman et Guy Boucher, qui ont transformé cette équipe du jour au lendemain en faisant des changements drastiques à l’alignement. Le Canadien avait cet entraîneur dans ses rangs, mais l’équipe a décidé de miser sur un vieux de la vieille qui suit une méthodologie archaïque que ne fonctionne nécessairement pas contre toutes les équipes.


De plus, je vous félicite d’avoir pris les démarches nécessaires pour vous assurer du départ de votre vice-président du marketing, Ray Lalonde. Ce dernier a fait un excellent boulot pour revigorer l’image du Canadien, qui avait été ternie par une décennie déplorable entre 1995 et 2005, tant au niveau des effectifs sur la glace que dans les bureaux du directeur général.


Monsieur Lalonde a réussi à revendre l’équipe au public et à rajeunir le groupe d’amateur qui suit l’équipe. Il s’est assuré que l’équipe ait des revenus pour plusieurs années à venir. Fini est le temps où la section des rouges était prise d’assaut par des hommes en complets et cravate, puisqu’aujourd’hui on voit pas mal plus de famille au Centre Bell et c’est bien comme ça.


Par contre, le travail est fait maintenant et il faudrait se concentrer sur la satisfaction de cette nouvelle clientèle. Il faut comprendre que ces jeunes qui se présentent soir après soir au Centre Bell n’ont JAMAIS vécu l’expérience d’une Coupe Stanley à Montréal et qu’ils se rabattent donc sur les équipes américaines qui gagnent a chaque année. Ils deviennent admirateurs des Penguins et des Blackhawks, des équipes jeunes, compétitives et gagnantes et tout ça parce qu’ils sont tannés de voir l’équipe locale se contenter d’une élimination hâtive en deuxième ronde.


Je comprends que vous allez prendre les commandes de la présidence de l’équipe dès la saison prochaine et je vous donne le bénéfice du doute pour le moment. Toutefois, je m’attends à des changements drastiques aussitôt que vous déposerez votre valise dans l’ancien bureau de Pierre Boivin. Il faut être agressif pour gagner et en ce moment l’organisation est en mode très passif. Faites jouer les jeunes plus souvent, rachetez des contrats, causez des surprises au repêchage et poussez fort pour aller chercher les meilleurs effectifs possible sur le marché des joueurs autonomes. Bref, faites refléter votre promesse de changement lors de l’achat de l’équipe et ramenez la 25e Coupe Stanley à Montréal.


Cordialement, un amateur de la Sainte-Flanelle pour longtemps (je l’espère)


Alexandre Desjarlais

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