mardi 31 août 2010

L'avenir du Hockey Américain viendra des États ensoleillés

L’expansion originale de Ligue Nationale de Hockey nous a amené, en 1967, les Kings de Los Angeles et les Seals d’Oakland, deux marchés qui traditionnellement ne sont pas reconnus comme favorables au Hockey. Depuis, les commissaires ont été conservateurs dans leur choix d’expansion, ils allaient plus vers de gros marchés populeux où les droits de télédiffusion étaient profitables.

Par contre, le commissaire Gary Bettman décide de continuer l’expansion commencée par le commissaire précédent, John Ziegler. Ce dernier avait aidé avec l’arrivée du Lightning à Tampa Bay, ce qui était déjà un marché inhabituel, mais Bettman pousse l’audace en créant des franchises pour plusieurs villes du «sunbelt» américain à Sunrise, Dallas, Raleigh, Nashville et Phoenix. En tentant cette expérience, le commissaire espère piquer l’intérêt des Américains du sud pour le Hockey.

Plusieurs évènements dans le monde du Hockey ont réussi à intéresser les Américains, le premier étant le miracle sur glace aux olympiques de 1980 à Salt Lake City. Les puissants soviétiques ont été battus par une bande d’Américains de niveau collégial, mais l’intérêt n’était que patriotique.

Ensuite, Wayne Gretzky est échangé au Kings de Los Angeles en 1992 et soudainement le Hockey devient jet set, the Great One va jouer pour l’équipe de Hollywood. Gretzky faisait maintenant la couverture de tous les magazines. L’équipe se rend en finale de la Coupe Stanley l’année suivante et plusieurs Américains sont maintenant partisans du Hockey.

Un autre évènement marquant, en 1998 les Stars de Dallas surprennent la ligue au complet en se rendant en finale et en gagnant la Coupe en 1999. C’est la première équipe à gagner une coupe Stanley dans un milieu où la neige est une occurrence extrêmement rare.

Tous ces évènements ont contribués au succès du hockey aux États-Unis, même les marchés non traditionnels, que Gary Bettman affectionne particulièrement, ont aidé à développer de jeunes joueurs qui viennent de marchés où le Hockey est quasi inexistant.

Une étude menée en 2008 montrait que 52 % des joueurs de la ligue étaient canadiens et que 19.9 % des joueurs étaient américains. Ces chiffres connaîtront une fluctuation importante dans les prochaines années, puisque nous voyons une explosion de jeunes joueurs provenant des États-Unis.

Au repêchage de 2010, un total de 59 joueurs ont été repêchés au pays de l’oncle Sam, ce qui représente le plus haut total de jeunes joueurs américains par la Ligue Nationale depuis 1963, année de l’implantation du repêchage annuel. La plupart des jeunes qui passaient au repêchage depuis plusieurs années venaient du Michigan, du Massachusetts, du Minnesota et de l’état de New York.

Depuis 2004, nous avons vu l’arrivée de joueurs venant d’états ensoleillés des États-Unis, tels la Floride, la Californie, le Texas, l’Arizona et l’Utah. Voici la liste des 9 joueurs à surveiller, qui viennent d’un marché Hockey non traditionnel :

• Jarred Tinordi, Dallas, Texas, 1992
• Luke Moffatt, Paradise Valley, Arizona, 1992
• Emerson Etem, Long Beach California 1992
• Beau Bennett, Gardena California 1991
• Tyler Myers, Katy, Texas, 1990
• Jonathon Blum, Long Beach California 1989
• Trevor Lewis, Salt Lake City Utah, 1987
• Blake Geffrion, Plantation Florida 1988 (resident du Tennessee)
• Dusty Collins, Gilbert, Arizona, 1985

Des représentants des états de Washington, l’Oregon, Nevada, l’Oklahoma et le Missouri sont aussi passés par le processus de repêchage.

Ils ont tous entre 18 et 25 ans, ont grandi dans des milieux où le Hockey n’était pas populaire, mais ils sont tous nés durant les évènements marquants pour le Hockey américain. Serait-ce l’expansion dans les marchés où le Football et le Baseball sont rois qui a intéressé ces jeunes au Hockey?

Il est clair que nous verrons une importante progression chez les jeunes joueurs provenant des États-Unis. Ils nous l’ont démontré lors du Championnat du Monde de Hockey Junior en 2010, quand ils ont battus les Canadiens pour la médaille d’or, ainsi que la présence de l’équipe en finale aux olympiques de 2010 à Vancouver. Par contre, il faudra attendre encore quelques années pour voir si l’expérience de Bettman sera concluante.

vendredi 20 août 2010

Le talent n'est pas obligatoirement francophone

Le grand débat du moment parmi les amateurs du Canadien de Montréal est qu’il devrait ou ne devrait pas obligatoirement avoir plus de québécois ou de francophones dans l’équipe. En ce moment, l’organisation compte 3 francophones avec le grand club (Benoît Pouliot, Maxim Lapierre et Mathieu Darche) et 6 francophones avec les Bulldogs d’Hamilton (Olivier Fortier, Yannick Weber, Danny Massé, Frédéric St-Denis, David Desharnais, Mathieu Carle et Gabriel Dumont.)

Le sujet a toujours été présent dans les médias, sont plus grand représentant est bien sûr Réjean Tremblay de La Presse qui continue de mettre de l’huile sur le feu à chaque saison. Aussi, les animateurs d’émission de débats sportifs 110% et L’attaque à Cinq sont d’ardents défenseurs de la cause francophone chez le Canadien. Mais l’endroit où on en entend le plus parler est sans doute sur les tribunes téléphoniques de Corus Sport.

La dernière transaction du directeur général du Canadien, Pierre Gauthier, a fait exploser les nombres d’appels chez Corus. Ce dernier a osé échanger Cédrick Desjardins, un petit gars de chez-nous, au Lightning de Tampa Bay contre Karri Ramo. Bien sûr, l’affirmation précédente est paraphrasée, puisque réellement Cédrick Desjardins viens du Nouveau Brunswick et il a été échangé aux Admirals de Norfolk. Ce n’est pas comme s’ils avaient échangé Patrick Roy contre Ramo, Desjardins n’est qu’un gardien de la Ligue Américaine que la majorité des gens n’ont jamais vu jouer! La seule raison pour laquelle les gens s’indigne de son départ est que son nom de famille est français.

Cet échange n’est en rien un affront envers les amateurs québécois du Canadiens, ni même un positionnement politique quelconque. Il est faux de penser que l’organisation du Canadien est contre l’idée d’avoir des francophones dans son équipe. La transaction n’était qu’une décision d’affaire et aussi opportunité d’avancement pour un jeune gardien qui approche l’apogée de sa carrière. Avec Carey Price prêt d’une entente et l’embauche d’Alex Auld, il n’avait pas de possibilité immédiate pour le jeune gardien d’être rappelé par le grand club. Donc, Pierre Gauthier l’a échangé à une équipe qui n’a pas de gardien stable à la position de gardien de soutien.

Originalement l’équipe du Canadien avait été créée pour permettre aux francophones de jouer à leur sport national, ce que les dirigeants des Maroons de l’époque ne leur permettaient pas. Ce fût le premier pas vers le sentiment d’appartenance des canadiens français au Hockey. Le sentiment nationaliste envers le Canadien, tant qu’a lui, découle de la suspension de Maurice Richard par Clarence Campbell en 1955 et serait la cause principale de la Révolution Tranquille selon les historiens du Hockey.

Depuis ce temps-là, les politicailleries et l’implication politique par les joueurs de Hockey sont très rares, les relationnistes de l’équipe ne voudraient surtout pas créer une controverse et choquer la clientèle. De plus, les joueurs francophones veulent jouer pour le plus gros salaire possible peu importe la destination et bien sûr ne pas avoir à subir la pression des amateurs et des médias montréalais.

Aussi, à moins d’un revirement de situation inespéré, la domination du Québec au hockey s’amenuise d’année en année, alors il faut s’attendre à ce qu’il y ait moins de «vedettes» francophones dans un futur rapproché. De plus, l’émergence de plusieurs pays Européens et des États-Unis comme force au Hockey risque de rendre les repêchages un peu plus diversifiés à l’avenir. Les directeurs généraux se devront de sélectionner le meilleur joueur disponible, peu importe son origine. Ainsi, vous verrez une plus grande diversité dans une équipe et les québécois seront dispersés à travers la ligue.

Herb Brooks, entraîneurs des États-Unis, aurait dit à ses joueurs aux olympiques de 1980 qu’une fois le chandail enfilé, le nom sur le devant est pas mal plus important que celui retrouvé dans le dos. Il faudrait maintenant reprendre cette citation afin de l’appliquer aux nationalités des joueurs. Les amateurs de Hockey de Montréal devront comprendre que le succès d’une équipe ne repose pas que sur les épaules d’un seul joueur. Le Hockey est un sport d’équipe et une équipe gagne avec le support de tous les joueurs, qu’ils soient francophones ou étrangers.

Les montréalais devront se rendre à l’évidence que s’ils veulent une 25ème Coupe Stanley, il faut aligner la meilleure équipe possible et vraisemblablement sacrifier quelques petits gars de chez nous pour arriver au but ultime…

lundi 16 août 2010

L'avenir du Hockey passe par une ouverture vers l'Europe.

Depuis la fin des années 60 la Ligue Nationale de Hockey s’est ouvert au marché européen en signant des joueurs de soutiens provenant de la Suède ou de la Finlande. Souvent invités aux camps d’entraînement des équipes et rapidement retranchés, ces joueurs n’étaient pas autant pris au sérieux que les joueurs nord-américains.

En 1972, les nord-américains ont réalisés que le Hockey n’était plus uniquement leur sport, puisque les russes ont démontrés qu’ils avaient une exécution parfaite sur la glace. La chute de rideau de fer de l’Europe de l’est en 1989 a provoqué une explosion de talent vers la LNH.

L’arrivée de Boje Salming avec les Maple Leafs de Toronto en 1973, a tout changé par la suite. Il a dominé la ligue à sa position en se classant parmi les meilleurs défenseurs. Les dirigeants ont alors remarqué que les européens aussi peuvent être des vedettes dominantes et ont commencé à regarder de plus en plus vers l’est pour leur recrutement.

Malgré le caractère plus international de la LNH aujourd’hui, le commissaire Gary Bettman hésite toujours à pousser la ligue vers l’Europe. Depuis quelques années, il présente quelques matches à l’étranger afin de faire un coup de publicité, mais ces matches sont toujours hors-concours.

L’arrivée de la Ligue Kontinentale Russe (KHL) risque de pousser la LNH à prendre une décision concernant la commercialisation du marché européen. Depuis sa création en 2008, cette ligue rend la vie difficile à la LNH puisqu’elle recrute dans les rangs professionnels nord-américains. Les équipes russes vont même jusqu’à attirer des joueurs sous contrat dans la LNH vers la KHL!

Afin d’éviter une telle situation dans le futur, il faudrait que Bettman s’ouvre à l’idée que le Hockey n’est plus exclusivement nord-américain.

Le renouvellement d’une entente avec l’IIHF (Internation Ice Hockey Federation) afin d’assurer la participation des joueurs de LNH au jeux olympiques de 2014 à Sotchi en Russie serait favorable. Certains joueurs russes, dont Alex Ovechkin et Evgeni Malkin ont promis qu’ils quitteront leurs équipes respectives afin d’obtenir une chance de gagner la médaille d’or chez eux. Bettman ne peut certainement pas se permettre de perdre plusieurs de ses joueurs vedettes pendant 1 mois, pendant que la LNH continue ses activités régulières.

Reprendre les négociations avec la KHL afin de mettre en place une entente de transfert de joueurs avantagerait les relations de la LNH avec l’Europe. De cette façon, les joueurs sous contrats avec la LNH pourront être échangés vers la KHL dans une transaction équitable pour les deux partis. Prenons en exemple la situation vécue par les Predators de Nashville en 2008, où l’attaquant Alexander Radulov quitta pour la KHL malgré un contrat le liant aux Predators. Une entente de transfert aurait pu permettre à Nashville de ne pas perdre le joueur pour rien. Par contre, il faudrait que les joueurs impliqués veulent quitter pour se rendre en Russie ou vice-versa.

Cette ouverture vers le marché Russe ou même européen avantagerait sûrement quelques équipes qui désirent se débarrasser de certains gros contrats indésirables. Le plafond salarial rend les échanges dans la LNH très difficiles et je suis sûr qu’un joueur préfèrerait le confort de la KHL aux voyages en autobus dans la Ligue Américaine.

La dernière étape serait de créer un tournoi international supporté par la LNH et l’IIHF. En ce moment, il y a plusieurs tournois annuels impliquant des joueurs professionnels internationaux, mais pour les joueurs de la LNH ils sont considérés comme des tournois de consolation. Seuls les joueurs qui n’ont pas réussis à mettre la main sur la Coupe Stanley y participent et ce ne sont pas toujours les vedettes.

Pourquoi ne pas en faire un tournoi avec un enjeu important? Il faudrait créer une ligue des champions comme au Football Européen.

On retrouve 22 ligues professionnelles en Europe et 1 ligue professionnelle en Amérique du Nord. Une ronde de qualification européenne pourrait se faire pendant que la LNH fini sa saison. Les 11 meilleures équipes européennes se qualifient pour le tournoi à la ronde qui commencerait après la finale de la Coupe Stanley. Les Champions de la Coupe Stanley serait la 12eme équipe dans le tournoi et les 12 équipes joueraient pour la Coupe du Monde de Hockey.

Le tournoi pourrait être au 4 ans, comme la Coupe du Monde de Football, sans toutefois qu’il soit la même année que les Olympiques d’hiver. De cette façon, à toutes les quatre ans les équipes de toutes les ligues tenteraient de mettre la meilleure équipe sur papier afin d’être champion et de participer aux qualifications.

Il y aurait donc une plus grande parité dans la LNH, chaque équipe pourrait possiblement être champion. Nous ne verrions plus d’équipes en reconstruction, qui finissent volontairement au dernier rang afin d’avoir le premier choix au repêchage.

Ce tournoi serait toute une ouverture sur le monde pour la LNH, une opportunité commerciale importante et une situation intéressante pour la promotion du Hockey à travers la planète.