vendredi 20 août 2010

Le talent n'est pas obligatoirement francophone

Le grand débat du moment parmi les amateurs du Canadien de Montréal est qu’il devrait ou ne devrait pas obligatoirement avoir plus de québécois ou de francophones dans l’équipe. En ce moment, l’organisation compte 3 francophones avec le grand club (Benoît Pouliot, Maxim Lapierre et Mathieu Darche) et 6 francophones avec les Bulldogs d’Hamilton (Olivier Fortier, Yannick Weber, Danny Massé, Frédéric St-Denis, David Desharnais, Mathieu Carle et Gabriel Dumont.)

Le sujet a toujours été présent dans les médias, sont plus grand représentant est bien sûr Réjean Tremblay de La Presse qui continue de mettre de l’huile sur le feu à chaque saison. Aussi, les animateurs d’émission de débats sportifs 110% et L’attaque à Cinq sont d’ardents défenseurs de la cause francophone chez le Canadien. Mais l’endroit où on en entend le plus parler est sans doute sur les tribunes téléphoniques de Corus Sport.

La dernière transaction du directeur général du Canadien, Pierre Gauthier, a fait exploser les nombres d’appels chez Corus. Ce dernier a osé échanger Cédrick Desjardins, un petit gars de chez-nous, au Lightning de Tampa Bay contre Karri Ramo. Bien sûr, l’affirmation précédente est paraphrasée, puisque réellement Cédrick Desjardins viens du Nouveau Brunswick et il a été échangé aux Admirals de Norfolk. Ce n’est pas comme s’ils avaient échangé Patrick Roy contre Ramo, Desjardins n’est qu’un gardien de la Ligue Américaine que la majorité des gens n’ont jamais vu jouer! La seule raison pour laquelle les gens s’indigne de son départ est que son nom de famille est français.

Cet échange n’est en rien un affront envers les amateurs québécois du Canadiens, ni même un positionnement politique quelconque. Il est faux de penser que l’organisation du Canadien est contre l’idée d’avoir des francophones dans son équipe. La transaction n’était qu’une décision d’affaire et aussi opportunité d’avancement pour un jeune gardien qui approche l’apogée de sa carrière. Avec Carey Price prêt d’une entente et l’embauche d’Alex Auld, il n’avait pas de possibilité immédiate pour le jeune gardien d’être rappelé par le grand club. Donc, Pierre Gauthier l’a échangé à une équipe qui n’a pas de gardien stable à la position de gardien de soutien.

Originalement l’équipe du Canadien avait été créée pour permettre aux francophones de jouer à leur sport national, ce que les dirigeants des Maroons de l’époque ne leur permettaient pas. Ce fût le premier pas vers le sentiment d’appartenance des canadiens français au Hockey. Le sentiment nationaliste envers le Canadien, tant qu’a lui, découle de la suspension de Maurice Richard par Clarence Campbell en 1955 et serait la cause principale de la Révolution Tranquille selon les historiens du Hockey.

Depuis ce temps-là, les politicailleries et l’implication politique par les joueurs de Hockey sont très rares, les relationnistes de l’équipe ne voudraient surtout pas créer une controverse et choquer la clientèle. De plus, les joueurs francophones veulent jouer pour le plus gros salaire possible peu importe la destination et bien sûr ne pas avoir à subir la pression des amateurs et des médias montréalais.

Aussi, à moins d’un revirement de situation inespéré, la domination du Québec au hockey s’amenuise d’année en année, alors il faut s’attendre à ce qu’il y ait moins de «vedettes» francophones dans un futur rapproché. De plus, l’émergence de plusieurs pays Européens et des États-Unis comme force au Hockey risque de rendre les repêchages un peu plus diversifiés à l’avenir. Les directeurs généraux se devront de sélectionner le meilleur joueur disponible, peu importe son origine. Ainsi, vous verrez une plus grande diversité dans une équipe et les québécois seront dispersés à travers la ligue.

Herb Brooks, entraîneurs des États-Unis, aurait dit à ses joueurs aux olympiques de 1980 qu’une fois le chandail enfilé, le nom sur le devant est pas mal plus important que celui retrouvé dans le dos. Il faudrait maintenant reprendre cette citation afin de l’appliquer aux nationalités des joueurs. Les amateurs de Hockey de Montréal devront comprendre que le succès d’une équipe ne repose pas que sur les épaules d’un seul joueur. Le Hockey est un sport d’équipe et une équipe gagne avec le support de tous les joueurs, qu’ils soient francophones ou étrangers.

Les montréalais devront se rendre à l’évidence que s’ils veulent une 25ème Coupe Stanley, il faut aligner la meilleure équipe possible et vraisemblablement sacrifier quelques petits gars de chez nous pour arriver au but ultime…

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