dimanche 29 mai 2011

Road trip au New Jersey

Quand tu te réveilles à 4 h 30 du matin pour prendre un autobus, afin d’aller voir un match du Canadien au New Jersey, il faut vraiment que tu sois un maniaque de Hockey. Pourtant, c’est ce que j’ai fait le 2 avril dernier avec un groupe d’une vingtaine de personnes. Nous étions l’un des 21 groupes, indépendant dans notre cas, qui se rendait à Newark pour voir le tricolore faire face au Devils du New Jersey au Prudential Center.

Le voyage allait prendre environ 8 heures pour se rendre, alors l’organisateur avait fixé le départ à 6 h du matin. Une fois les retardataires arrivés, l’autobus décolle du point de rencontre et nous avons filé vers les douanes américaines. Vu l’heure matinale du départ, les gens dormaient presque tous dans l’autobus, alors ce fut très tranquille et à un certain niveau très reposant. La route vers New York semblait toujours interminable les quelques fois que je m’y suis rendu, mais cette fois-ci c’était relativement rapide et je n’ai pas vu le temps passer.

Comme d’habitude, une fois rendus aux États-Unis, les arrêts pour les repas s’avéraient toujours être de la restauration rapide. Si tu surveilles le moindrement ton alimentation, tu dois donc prendre l’option qui te paraît moins dommageable. Cependant, l’option santé implique toujours du bacon pour une raison quelconque… Je savais que mon estomac allait payer une fois le voyage terminé.

Après 8 heures de route, nous sommes arrivés à l’Hôtel Marriott de l’aéroport de Newark, qui se trouve à 15 minutes en autobus du Prudential Center. Puisque l’hôtel se trouve sur les terrains de l’aéroport, il n’y a pas grand-chose autour pour nous divertir. Une chance qu’il y avait un Pub à l’hôtel! Une douche rapide pour certains, changement de vêtements pour d’autres et tout le monde est prêt à quitter pour la résidence des Devils. Bien sûr, certains d’entre nous ont pris le temps de se faire un petit fond de bière (une habitude à prendre quand ton équipe locale te vend la bière 10 $ pour dix onces au Centre Bell…)

En route vers l’aréna, nous remarquons que la ville de Newark n’est pas exactement invitante. Les alentours du Prudential Center ressemblent plus à une ville abandonnée, des édifices placardés et délabrés, ainsi que plusieurs terrains vagues. Par Contre, l’édifice de l’équipe locale est sensationnel! Une place publique se trouve à sa gauche, où les gens peuvent participer à un rassemblement avant les matchs. Les plus jeunes peuvent s’adonner à une partie de hockey balle et manger un hot dog en observant l’immense statue au centre de la « Champions Plaza. » Évidemment, avec la présence d’environ 1000 admirateurs du Canadien il y a une cacophonie de « Olé Olé » et de « Go Habs Go » qui résonne à l’extérieur.

Avant d’entrer, les amateurs des Devils nous lancent des regards méchants et il y a même un qui nous lance un « go back to Canada » bien senti. Nous sentons vraiment que l’accueil est amical et ils apprécient vraiment notre présence dans leur ville. C’est tout à fait dommage, parce que sans notre présence si envahissante les sièges du Prudential Center seraient tristement vides…

Une fois arrivé à l’intérieur, je suis impressionné par les installations. Au premier niveau, il y a une aire ouverte qui donne sur la patinoire et les gens qui se promènent ne manquent jamais une seconde de l’action. Donc, tu peux aller aux concessions et voir le match pendant que tu attends. De plus, la nourriture (encore du fast food) et la bière (de la Budweiser qui goûte l’eau) sont relativement moins chères que ce qu’on retrouve au Centre Bell. Nos billets comprenaient une carte de 10 $ applicable aux concessions, alors la soirée n’allait pas être trop dispendieuse.

Nos sièges se trouvaient environ dix rangées derrière le filet de Martin Brodeur, ce qui voulait dire que nous allions voir le Canadien attaquer deux fois lors de la soirée. Puisque nous n’étions pas les seuls amateurs du Canadien dans l’édifice, l’ambiance était tout comme un match à domicile pour les troupes de Montréal. Tellement, que la section au-dessus de nos places était entièrement bleu blanc rouge!

Le seul hic d’être aussi proche de la glace, la température! Les sièges sont fixés sur une base en aluminium amovible afin de favoriser les différents évènements qui sont présentés au Prudential Center, dont les matchs des Nets de la NBA. Le métal est excellent diffuseur de froid et nous pouvions le ressentir durant le match. Tout le monde portait son manteau! Ce n’était pas un élément qui allait nous empêcher d’avoir du plaisir, notre température corporelle allait monter d’un cran une fois le match amorcé.

Les hymnes nationaux ont été interprétés par une jeune femme qui chantait relativement bien, mais le moment le plus surprenant de sa part est venu quand elle a entamé celui du Canada dans les deux langues officielles. De plus, la foule a accompagné celle-ci dans ses envolées lyriques! Nous ne pouvions pas nous empêcher de chanter avec elle, peu importe notre allégeance politique.

Quant au spectacle, il fallait s’attendre à un match d’enfer de la part du Tricolore, car leur place en série n’était pas du tout sécurisée. Il manquait 4 points au club afin d’apposer le petit X à côté du nom de l’équipe et qui assurerait leur place en série. De plus, Brian Gionta et Scott Gomez voulaient certainement faire la différence dans ce match avec une victoire, considérant que les Devils étaient leur ancienne équipe.

Évidemment, la chance étant de notre côté, le Canadien marque le premier lors du premier engagement et Brian Gionta offre une superbe passe sur le but de Mathieu Darche. Il rajoutera une autre passe en troisième et Scott Gomez aidera aussi sur le but de Mathieu Darche en troisième. PK Subban nous a donné un magnifique but de la pointe durant la même période. Donc, si vous avez bien suivi plus haut vous avez compris que tous les buts du Canadien ont été comptés dans la zone où nous avions la meilleure vue, ce qui a rendu l’expérience cent fois plus incroyable.

Contrairement à notre voyage au Scotia Bank Place, les amateurs du Canadien se sont bien tenus du début à la fin du match. L’ambiance était au rendez-vous et même les partisans locaux ont démontré un accueil plus chaleureux que ceux rencontrés plus tôt à l’extérieur. D’ailleurs, les gens derrière nous détestaient Scott Gomez autant que notre groupe et déclaraient que Martin Brodeur était mûr pour la retraite. Par contre, le choix de cri de ralliement de la foule visiteuse ne faisait pas leur bonheur, puisque le «olé olé » serait un chant de soccer… je lui ai accordé ce point, mais tout en lui indiquant que nous étions proches de nos racines européennes, je lui ai lancé que les cris de «USA USA» n’étaient pas tout à fait appropriés quand une grande partie de leur équipe était Canadienne. Ils ne nous ont plus adressé la parole par la suite…

Suite au match, le contingent Canadien a quitté l’aréna avec le sourire et un espoir de revoir le tricolore en série, car le club n’était qu’à une victoire de se tailler une place dans le grand bal du printemps. Quant à notre groupe, un second souffle serait nécessaire parce que nous nous dirigions vers Manhattan pour célébrer la victoire dans un pub irlandais.

La Guiness et les shooters de Jamieson étaient au rendez-vous, mais quelques admirateurs des Bruins de Boston aussi! Un de ceux-ci alignait les chansons des Dropkick Murphy’s une après l’autre, à notre plus grand plaisir, tout en nous indiquant que le Canadien le faisait rager année après année. Un de nos amis l’a donc rassuré, avant qu’on puisse l’arrêter, et il a dit que les Bruins seraient capables de nous battre cette année. Le partisan des Bruins a certainement quitté le bar avec l’espoir en tête et nous avons subi les conséquences des paroles de notre «ami » lors du match numéro 7 le 27 avril dernier… enfin, un évènement que nous ne pouvions pas prévoir et qui ne pouvait vraiment pas venir ruiner un incroyable voyage avec notre club de hockey favori. Sans aucun doute, ce sera une expérience à répéter dans une autre ville l’an prochain!

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